Thèmes et Projets


L'originalité de ce GDR repose sur le fait que les équipes qui le composent travaillent sur toute la gamme des éléments transposables (ETs) actuellement décrits et sur des organismes appartenant à divers groupes de l'arbre du vivant (bactéries, champignons, plantes, ciliés, insectes, vertébrés). De plus, les approches sont variées allant de la mécanique fine de la transposition à l'évolution et la dynamique des ETs. Ceci permet d'avoir une vision large intégrant des données moléculaires, populationnelles et écologiques.

Parmi l'ensemble des projets qui seront développés dans le cadre du GDR, ceux liés à la dynamique des ETs au sein des populations et des espèces et ceux concernant l'évolution des ETs, déjà entrepris au cours des 4 dernières années, doivent se poursuivre. Des collaborations sont en cours pour le développement des aspects théoriques. Par ailleurs, sans pour l'instant savoir quelle est la cause et quel est l'effet, une corrélation entre les ETs et la capacité à envahir des espèces semble exister. L'idée générale derrière ces approches, est l'analyse de l'impact des ETs en terme d'adaptabilité et d'évolutivité des génomes. En ce qui concerne l'évolution des ETs, plusieurs travaux relatifs à l'usage du code des ETs par rapport à celui des autres séquences codantes de plusieurs génomes ont été effectués. L'étude de l'interface entre ETs et rétrovirus s'est également développée notamment pour les gènes de l'enveloppe. Des collaborations ont été démarrées avec des spécialistes des rétrovirus. L'intégration d'une nouvelle équipe travaillant sur les rétrovirus endogènes de l'homme s'inscrit dans ce mouvement.

Le séquençage de génomes entiers montre que les ETs occupent une place prépondérante à tel point que l'on peut se demander s'ils doivent toujours être considérés comme des séquences parasites et non pas comme des composants à part entière des génomes. En d'autres termes, on peut se demander dans quelle mesure un génome sans ETs serait viable sur le long terme. Un projet de base de connaissance, lancé par l'équipe de Christian Biémont dans le cadre d'une thèse sur les ETs de drosophile, a réuni plusieurs membres du GDR afin de réfléchir à la mise en place d'une structure plus générale extensible à l'ensemble des ETs actuellement connus et permettre une meilleure annotation. Ce projet devrait inclure des logiciels de recherche systématique d'ETs dans les génomes séquencés, tel par exemple celui développé par Hadi Quesneville. Ce logiciel montre, lorsqu'il est appliqué à Drosophila melanogaster, qu'il existe chez cette espèce de nombreux éléments non détectés par les approches habituelles dans la mesure où ces éléments ne présentent pas de copies actives. L'unité élémentaire de cette base devrait être disponible cet automne. Pour l'heure, la difficulté majeure à laquelle nous sommes confrontés, est le maintien informatique de la base, sa mise à jour et son évolution. La suite nécessiterait une aide sous forme d'un CDD sur deux ou trois ans.

Parmi les projets nécessitant un travail collectif, celui lié à la santé semble intéresser 5 à 6 groupes. L'objectif de ce projet serait de déterminer dans quelles mesures, la résistance aux traitements pourrait être le fait de la mobilisation d'ETs. Actuellement, plusieurs équipes du GDR ont mis en évidence que des stress biotiques et abiotiques pouvaient induire l'activité d'ETs. Par ailleurs, il a été montré que la mobilisation d'un élément transposable pouvait créer une variabilité génétique de novo, et permettre une réponse à la sélection plus rapide à la sélection qu'en absence de mobilisation. Ce projet repose sur l'accessibilité à des banques de tissus cancéreux. Des premiers contacts ont été pris par Yves Bigot à Tours avec le responsable d'une cancerothèque. Plusieurs types de tissus semblent pouvoir être accessibles: des tissus sains, des tissus cancéreux non traités et des tissus cancéreux traités sensibles et résistants aux traitements. D'autres aspects pourraient être développés via la canceropôle de Lyon. Il s'agit des interactions cancer, environnement, ETs. Un groupe de travail devrait se réunir d'ici la fin de l'année pour évaluer la faisabilité du projet.
La crédibilité de l'ensemble de ces projets repose sur le fait que de nombreux experts font partis du GDR. A ce titre, nous tenons à souligner que la France occupe une place déterminante au niveau européen et mondial. C'est, après les Etats-Unis, le pays qui possède le plus grand nombre de groupes travaillant dans ce domaine. Par ailleurs, les différentes équipes, membres du GDR, sont reconnues au niveau international. Le GDR tel qu'il a fonctionné au cours de ces dernières années est, à ce titre, un outil formidable permettant de renforcer ce potentiel. Le fait que parmi les équipes entrant dans le GDR, nombreuses sont celles qui se sont récemment mises à travailler dans ce domaine, n'est peut être pas étranger à la dynamique que les groupes plus anciens ont mise en place.

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