Marie Merle

Doctorante 3ème année

Sujet de thèse : Implication des récepteurs chimiosensoriels dans le processus de domiciliation des vecteurs de la maladie de Chagas du genre Rhodnius

Adresse mail : marie.merle@universite-paris-saclay.fr

Productions :

Merle, M., Filée, J., de Oliveira, J., Almeida, C. E., Mougel, F., Bastide, H., Girondot M., Da Rosa J.A., & Harry, M. (2022). Genome Size Variation of Chagas Disease Vectors of the Rhodniini Tribe. The American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, tpmd210394-tpmd210394.

Filée, J., Merle, M., Bastide, H., Mougel, F., Bérenger, J. M., Folly-Ramos, E., Almeida, C., & Harry, M. (2022). Phylogenomics for Chagas Disease Vectors of the Rhodnius Genus (Hemiptera, Triatominae): What We Learn From Mito-Nuclear Conflicts and Recommendations. Biology, Systematics, Taxonomy, and Evolution of Insect Vectors.

Hassanin, A., Colombo, R., Gembu, G. C., Merle, M., Tu, V. T., Görföl, T., Musaba Akawa, P., Csorba, G., Kearney T., Monadjem A., & Ing, R. K. (2018). Multilocus phylogeny and species delimitation within the genus Glauconycteris (Chiroptera, Vespertilionidae), with the description of a new bat species from the Tshopo Province of the Democratic Republic of the Congo. Journal of Zoological Systematics and Evolutionary Research, 56(1), 1-22.

Presentations orales :

15th International Conference on Molecular Epidemiology and Evolutionary Genetics of Infectious Diseases – du 2 au 5 novembre 2021 – en ligne

Symposium on Environmental and Agronomical Genomics – du 27 au 29 octobre 2021 – à Tours

En savoir plus sur mon sujet de thèse :

Les Triatominae sont des punaises hématophages vectrices de Trypanosoma cruzi, agent responsable de la maladie de Chagas, endémique en Amérique Latine. En milieu naturel, les espèces du genre Rhodnius infestent principalement les palmiers, se nourrissent sur une large gamme d’hôtes vertébrés qui trouvent refuge dans cet habitat. Cependant, certaines espèces de Rhodnius ont quitté leur habitat naturel (milieu sylvatique) et sont venues en contact étroit avec l’homme, en colonisant leurs habitations, et peuvent transmettre T. cruzi à l’Homme.

Rhodnius prolixus (Hemiptera ; Triatominae), vecteur de la maladie de Chagas (M. MERLE)

Le processus de domiciliation décrit le passage des punaises du milieu sylvatique au milieu anthropisé. Pour certaines espèces, une fois ce processus engagé, il semble sans retour. Ainsi R. prolixus est décrite comme quasi exclusivement domiciliaire. D’autres espèces sont dites en voie de domiciliation, c’est-à-dire que certaines populations sont trouvées en milieu sylvatique et d’autres en milieu anthropisé. Cependant, le processus de domiciliation ne semble pas s’enclencher pour toutes les espèces. Ainsi certaines espèces visitent sporadiquement les habitations mais n’y restent pas, d’autres encore semblent exclusivement sylvatiques. Différentes études de génétique des populations ont montré que les populations domiciliaires et sylvatiques d’une même zone géographique étaient génétiquement différenciées et que les populations domiciliaires résultaient d’un ou de plusieurs effets de fondations à partir des habitats sylvatiques. Dans les habitations, les punaises trouvent des conditions très favorables à leur développement. Les conditions environnementales y sont tamponnées et les ressources alimentaires sont assurées. Ce processus de domiciliation implique un changement d’habitat et d’hôte, la source alimentaire principale dans les maisons étant l’Homme. 

Notre hypothèse est que ce processus de domiciliation implique le système chimiosensoriel, système permettant aux organismes d’interagir avec leur environnement. Les gènes chimiosensoriels appartiennent à des familles multigéniques dont la dynamique évolutive est rapide et à l’origine de changements dans la sensibilité sensorielle. Ces changements pourraient être impliqués dans la reconnaissance d’un nouvel environnement, en l’occurrence le milieu domiciliaire pour les punaises hématophages.